09.09.2011
Pas très religieux
Rien à faire. Je ne suis pas fait pour la religion. J’essaie de m’intéresser au Bouddhisme, depuis que je vis en Thaïlande. J’ai commencé quelques livres. Pas fini. Comme La Bible. Jamais vraiment commencée, elle, La Bible, en vérité. Juste des heures de catéchisme. Des heures à l’église. Des passages de la Bible entendus. J’y ai cru. Jusqu’à quinze ans, ou quelque chose comme ça. Le bouddhisme invite à chercher les solutions à l’intérieur plutôt qu’à l’extérieur. Tout est de notre faute. Mais pour autant, cela ne veut pas dire que nous sommes mauvais, que nous sommes pêcheurs. C’est un peu compliqué le Bouddhisme. En fait, c’est un peu comme on veut, le Bouddhisme, ai-je l’impression. Tant qu’on est responsable et modéré en tout. Le christianisme, c’est un peu l’inverse. Nous sommes mauvais, mais Dieu pardonne. La confession est bien représentative de cette hypocrisie. Je me souviens de mes confessions vers l’âge de douze ans. Je devais demander pardon à Dieu pour avoir insulté un ami, ou bien pour m’être masturbé avec mon zizi sans poil (ça, je ne le disais pas au curé, que je n’avais pas de poil). Quand on y réfléchit, cela n’est pas très éducatif. Certes, la notion de mal est posée. Il y a des choses à ne pas faire. Mais si on les fait, on s’en repend, et puis voilà. On est pardonné. On ne cherche donc pas vraiment à s’améliorer. Enfer ou paradis ? On finit par se dire qu’il doit vraiment falloir être très mauvais pour aller en enfer. On pourra bien pêcher un peu, et se confesser.
C’est mon parrain qui hurlerait en lisant ça. Je dois être dans le faux. Le pire, ce n’est pas La Bible. Ces sont les livres de théologie qu’il m’a offert à Noël, ou pour un anniversaire, je ne sais plus. J’avais plus de vingt ans. Peut-être presque vingt-cinq. J’avais déjà fait de grandes études. Et bien je n’ai rien compris. Rien, pas un mot. C’était absolument opaque. J’en restais pantois. Car c’était bien écrit en Français. Jamais je n’aurais pensé pouvoir ignorer autant de mots. C’était terrible. Je pouvais donc aller en enfer. C’est ce qu’il m’avait finalement dit peu de temps avant de m’offrir ces livres, dans une voiture, en route vers l’enterrement de mon grand-père, alors que je venais de lui faire part de mes doutes en ma foi. Ceux qui ne croyaient pas faute d’avoir eu l’éducation pour, ils étaient pardonnables. Mais pas moi. Moi, j’avais les capacités pour découvrir la vérité. Je faisais preuve de paresse intellectuelle. En m’offrant ces livres, en m’invitant à fréquenter les cours de théologie d’une université ou d’un institut dont j’ai oublié le nom, il me donnait une dernière chance ; que je n’ai pas saisie. Tiens, j’aurais pu aller me confesser. Pardon, je suis paresseux intellectuellement. Pardon, je crois que je ne crois plus en Dieu. On n’en parle plus, d’accord ? J’aime mon parrain. J’ai essayé de me rapprocher de lui après l’adolescence, par saccades, sans réelle consistance. La paresse. Un peu de crainte aussi. Et beaucoup de différences.
L’Islam, je ne connais pas. Pas du tout. Et je n’ai pas du tout envie de lire le Coran. Peut-être quand j’aurais quarante ans ? Quant au Judaïsme, je ne suis même pas sûr de ce que je devrais lire pour en savoir plus. Ignorance...
En attendant, la religion, ça mène à la violence, à l’intolérance, à la guerre, à la mort. Pardon, c’est sans doute très banal ce que je dis, sans doute simpliste. Mais n’est-ce pas la vérité ?
Peut-être pas le Bouddhisme. Je ne crois pas que les Bouddhistes se soient entretués. Pourtant, il y a beaucoup de courants bouddhiques. En fait, je ne me suis pas vraiment documenté sur la question. Peut-être qu’il y a eu des conflits, des morts. Mais je ne vais pas vérifier car je suis paresseux intellectuellement et puis que le Bouddhisme, de toute façon, ça n’est pas une religion.
J’ai conscience de délaisser le « nous » pour le « on ». J’ai commencé avec le « nous » et puis le « on » s’est imposé. C’est un des malheurs de notre temps (s’il n’y avait que ça). On perd le langage. Mois, j’ai perdu le « nous », mais j’écris encore à peu près correctement. Je crois. Les jeunes perdent tout. Koi keske tu di ? Je dis que vous perdez tout. Et sans en avoir conscience. Moi, j’ai conscience de perdre le « nous ». « On est un con », disait feu mon grand père, et sans doute d’autres avant lui. Et il avait bien raison. Mais pour en revenir sur les malheurs de notre temps, il y a bien sûr plus grave, mais surtout, il y a eu malheurs en tout temps. Alors, à quel temps les plus grands malheurs ? Sacrifices humains des Incas face à la bombe d’Hiroshima. Qui gagne ?
Il y a quelques jours, j’ai cru en la réincarnation. Je marchais au milieu des ruines centenaires d’un temple thaïlandais, à Ayutthaya. Très joli Ayutthaya. Fascinant. Peut-être étais-je d’autant plus impressionné que la vieille pierre est rare en Asie. J’étais content d’en voir. De la bonne vieille pierre. Quatre cents ans. Six cents ans. Oui, c’était de la bonne vieille pierre. Et bien à un moment donné, je me suis senti être un commerçant portugais. En vêtement d’époque, et tout et tout. Je l’ai vraiment ressenti. C’était une vérité pour moi. J’avais marché là, il y a quelques centaines d’années. Oui, avant d’être un jeune occidental en quête d’argent et de sens en même temps (challenge complexe), j’avais été un Portugais en quête de la même chose. Avec du vrai courage en plus. Le sens de l’aventure, la vraie. Celle qui n’existe plus aujourd’hui. Qui ne peut plus exister. Ce qu’il y a de fascinant avec la réincarnation, c’est que lorsqu’on se met à y croire, on se dit : pourquoi pas ? Qui peut prouver que je n’ai pas été un autre ? Ou une fourmi ? Ou un guépard ? Sûr, j’ai aussi dû être un guépard. Et pourquoi pas. J’adore les guépards. Ca a toujours été mon animal préféré. La réincarnation n’est pas plus absurde en soi que la résurrection. Et à choisir, je crois que je préfère la réincarnation. C’est plus poétique. Cela laisse plus de place à l’imagination.
Oui, tout cela est décousu, incomplet, approximatif, imparfait. Et alors ? Si je ne devais écrire que la perfection, je mourrai sans écrire une ligne. Je pourrai me relire, questionner la pertinence de chaque phrase, en douter. Effacer. Tout effacer. Recommencer. Ne terminer jamais. Ou bien conserver. Mais ne partager jamais. Or écrire, c’est aussi partager, n’est-ce pas ?
Comme Marguerite Duras, à qui je viens d’essayer d’emprunter très maladroitement le style finement ciselé, je veux écrire.
Mais là, je crois que j’ai trop ciselé. C’est une caricature de Marguerite Duras. Une toute petite caricature minuscule. Comme une petite crotte de souris. C’est mignon les petites crottes de souris. Et en plus, ça ne sent pas mauvais.
Bouddha aussi est contre la paresse intellectuelle.
Il ne me pardonnera donc pas cette écriture, presque d’un jet, presque sans réflexion préalable. Sans raison. Il ne pardonnera pas, non pas qu’il refusera de me pardonner, mais que ce n’est pas dans son intention de pardonner, ou de ne pas pardonner, d’ailleurs. En fait, Bouddha ne juge pas, donc, il n’a pas à voir avec la notion de pardon. Buddha est mort. Depuis bien longtemps. Il ne se mêle pas de ne qui ne le regarde pas. Il nous laisse face à nos responsabilités.
LA RESPONSABILITE.
C’est donc à moi de juger si je souhaite partager cette pulsion littéraire, dans laquelle subsistent, peut-être, sans doute, sournoises, rieuses, de vilaines fautes d'orthogahe.
Je le souhaite.
Assez.
18:36 Publié dans Très petits à moyens écrits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.01.2011
Découvrez les aventures de Li Comli
Une petite nouveauté dans la rubrique téléchargement (à droite, sous les catégories)...
C'est de la BD - ou ça y ressemble - donc ça se lit vite.
En espérant que cela vous plaise et que la série vive un peu...
Bien à vous
15:45 Publié dans Actu du blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.06.2010
L'étouffée
Une graine qui n'a pas germée
Une chandelle à la cire mouillée
Une peur froide et crispée
Une douleur à la liberté
Un jeton qui n'est pas misé
Une partie qui n'est pas jouée
En moi, l'empathie, échouée
Étouffée
Par l'égo, qui rit jaune, barbelé
11:07 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

