30.09.2008
YA
Las, de partir à la conquête de contrées qui n’existaient pas,
Bien qu’elles lui aient été comptées,
Le roi YA décida qu’il s’arrêterait là.
Longtemps personne ne sut comment nommer
Ce roi sans ascendant tombé naguère du firmament,
Et qui prit le pouvoir aisément, avec un simple serment :
« Par la guerre et le mouvement, je vous rendrai aimants ».
Un jour ses courtisans se lancèrent dans un concours dément,
L’inondant de propositions de noms aussi immondes que déprimants.
Il y coupa court, sans discours, en criant YA ! Cela resta…
Car son cri résonna puis il donna l’ordre à ses soldats
De se remettre fissa en formation de combat.
Les rangs se reformèrent,
L’armée reprit la marche,
Et fit trembler les airs
Elle acclamant son patriarche.
YA YA YA ! Dit souvent « Pas trop, de pas ou de trot »
Il préfère le galop et sa galaxie est là haut !
Y A YA YA ! N’est pas comme vous et moi, il traverse la vie sans émoi,
Comme un Apache l’Arizona, une tâche de la soie ou un hache… le bois !
YA n’aima ce chant,
Provoqua une halte sur le champ
Et convoqua sous ses sergents :
Alors comme ça je ne suis jamais en émoi ?
Prouvez- le moi ! Et quel rapport avec l’Arizona, la soie, le bois… vous savez quoi ?
J’en ai marre
De vous faire cavaler darre-darre
Sur des chevaux qui me coûtent cher
Avec cos casques de fer
Et vos jaquettes en lin
Vous ne ressemblez à rien ! Même vus de loin…
A la conquête d’un farwest imaginaire !
Sur la foi de paroles en l’air de mages qui un jour dire que l’air
Etait sans doute meilleur ailleurs !
Alors certes nous cavalons, mais n’allons nous pas à reculons ?
Nous ne dessinons aucun plan, ne construisons pas de maisons,
Ne parlons pas avec les gens, n’avons pas d’imagination…
Nous vivons dans l’illusion de l’invasion,
Et nous gargarisons de prisons que nous remplissons
De tyrans, avant de repartir en guerre, contre la misère…
Mais partout ou nous passons, c’est la même chanson :
Je prends le pouvoir car j’ai un don, les gens m’acclament car ils sont cons,
Puis nous constituons des gouvernements populaires,
Dont nous savons qu’ils exploseront à la première occasion !
Arrêtons de faire les autruches,
C’est cruche, changeons !
En attendant je vais dormir, faites savoir ce que je viens de dire.
YA se retira, ne pria pas,
S’assoupit sur sa paillasse mais une clameur le réveilla.
YA YA YA ! Semble en avoir assez de traverser le monde entier,
C’est pourtant bien à cela qu’il nous avait initiés ?!
Y A YA YA ! Etait fou d’ire ! Il est parti dormir,
Dormons car demain notre sire aura sans doute des choses à dire.
Ya reprit au petit matin, en grand tribun,
Sa voix portait au loin et pénétrait chacun.
Il dépeignit l’amour, la haine, la joie et le chagrin.
Tout vêtu de satin et buvant une tisane au thym,
Il tint un discours impie mais si rapide et limpide
Que ses prêtres avides et hautains, atteints du syndrome du baratin,
En perdirent leur latin.
L’histoire n’a pas de fin car YA en interdit l’écriture
Et ceux qui la vécurent, moururent béats et muets,
Laissant la terre aux malchanceux, qui n’avaient pas connu la paix.
13:38 Publié dans Slam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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