31.10.2008
Un faux seul !
Je piochais dans mes réserves énergétiques pour écrire ce soir. Je piocherais encore plus profond pour me lever à 7h demain afin de répondre à la question à 1 600 € : Morangis et Montlhéry sont-ils des marchés locatifs dynamiques ? (si oui, développer, si non, justifier). L’avantage des déplacements était que le temps de trajet en voiture me laissait le temps d’improviser ce que j’allais raconter aux diverses personnes que j’allais forcer à croiser mon chemin. Passons.
J’avais échoué chez Prosper ce soir. Seul. Pas comme mardi où j’étais accompagné de collègues théâtraux. Je n’avais pas eu le courage de vous écrire ce soir là. Pourtant, il y avait à dire. Il y a toujours à dire. Tellement. Ce soir, donc.
Croque Prosper, quart de côtes de Blaye et bouquin. J’étais en place. La serveuse qui m’avait placé à côté d’une table composée d’une dizaine d’amis qui bavardaient et riaient bruyamment, m’avait glissé, après que je l’ai surprise en lui disant que je n’attendais personne : « Vous vous sentirez moins seul comme ça ». Je lui avais répondu : « C’est aussi pour cela que je viens ». Entre pensées laborieuses - qui mêlaient confiance et angoisse – et lecture, je promenais mon regard, comme à l’accoutumée, sur la salle, qui s’offrait, toute entière (j’étais assis tout au fond de la brasserie), à ma contemplation. Je cherchais à accrocher le regard d’un des serveuses que je connaissais et que je n’avais pas vu depuis longtemps. Je l’attrapai. Elle vint vers moi. Nous échangeâmes quelques mots. Elle revenait de vacances. Ardèche, Andalousie, Bretagne. Elle était ressourcée. Tant mieux. Mon regard continuait ses promenades. Sans être dérangé. Serein. Jusqu’à ce qu’il croise un phénomène inhabituel en ce lieu… un autre regard ! Je vous arrête de suite. Il s’agissait d’un homme. Un homme noir, avec un bonnet noir, des écouteurs noirs dans les oreilles, une chemise à rayures blanches, vertes et noires… et un regard, si ce n’est noir, au moins sombre… ah ! Je vérifiai bien… personne en face de lui ! L’imposteur ! J’étais contrarié… c’était moi, l’homme seul de chez Prosper, pas lui ! Nous nous fixâmes dans les yeux, peut être une seconde. Une complicité - que je refusais - semblait vouloir se joindre à nous. Je me replongeai dans mon livre. Dans mon verre. Dans mon croque-monsieur. Et l’oubliai. Mon regard repris sa liberté, mais en évitant de virer trop à droite. Je vis alors une femme arriver. En face de moi. Elle cherchait quelqu’un. Elle s’avança. Jeta un coup d’œil sur sa gauche. Le vit. Il n’était pas seul ! Elle était simplement en retard.
C’est soulagé que je finis mon repas. Je pensai alors à ma sœur. Qui se sentait seul. Etrangement, ça n’était pas mon cas. Un peu parfois. Mais pas profondément. J’avais confiance en la vie. Je ne la laissai pas me guider complètement cependant. Je tenais la barre, tout sachant que le courant pouvait être plus fort que moi, à certains moments. L’important était de ne jamais la lâcher. Pour cela, il ne fallait, à aucun moment, se crisper.
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29.10.2008
Starting the day
Ma main avait tremblé devant la boîte aux lettres,
Je m'étais déjà énervé une fois au bureau... rien de grave, jamais.
Il fallait que je sorte à 19h30 ce soir pour aller faire du sport.
09:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Petite folies...
Je me demandais toujours si j'étais absolument fou ou si - tout le monde - comme moi, avait ses petites folies.
Lorsque je me suis surpris en caleçon, devant ma glace, à faire des gestes issus de Street Fighter, avec le son ("Sho Ryu Ken... Tiger... Hu Hoy...), j'ai douté... douté du fait d'être nombreusement accompagné.
Vous arrive-t-il, lorsque vous êtes seuls, chez vous, dans un ascenseur, ou dans tout lieu libre de regards extérieurs, de prononcer des inepties en gesticulant bizarrement... ?
PS: la lettre partirait demain matin. Elle était brève. Légère. Pas folle. Mais c'était une lettre, tout de même...
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28.10.2008
Lettre ?
Je pensais à une d'elles. Faute d'être dans mon lit, elles m'accompagnaient toutes, dans mes pensées, plus ou moins souvent, plus ou moins longtemps... et surtout, de manière très différente. Ce n'était finalement pas désagréable. Certains profitent du célibat en multipliant les ébats. J'en profitais en multipliant les songes. C'est stupide, me direz-vous, je pourrais faire le deux. Peut-être... nous verrons. J'avais flirté et approché l'ébat avec Noix-de-Coco (j'ai décidé de leur donner des noms de fruits... chacun ayant une certaine signification secrète). Peut-être l'atteindrais-je avec Poire ? J'y croyais beaucoup moins avec Mangue. En attendant, je commençais à aprécier le fait de pouvoir penser à qui je voulais, comme je voulais, sans avoir à faire à madame culpabilité.
J'étais assez préoccupé par le fait qu'elles puissent me lire... j'en avais à la fois assez envie et très peur. Je me demandais toujours ce qu'elles pourraient en penser... "qu'il est romantique !" ou "quel gros con qui me donne un nom de fruit en me mêlant à d'autres grognasses" ou encore "il est bien gentil mais je préfèrerais qu'il porte ses couilles et me drague comme il faut" ... sur la dernière réplique, je répondrais que je ne sais pas faire "comme il faut".
Il n'y en avait qu'une dont j'étais certain qu'elle ne me lisait pas. Et que, sauf décision contraire de ma part, elle ne me lirait pas avant un moment. C'est à elle que je pensais ce soir. Je n'ai pas encore trouvé son nom de fruit. Je pensais à elle car je pensais au théatre. J'avais lu Les Justes dans le train. Très belle pièce. Kiwi (hop, c'est elle, c'est doux mais ça pique un peu quand même) ne faisait pas partie du groupe avec lequel j'allais travailler cette fois-ci. Mais je m'étais remis à penser à elle quand même. Et au fait que je ne la verrai pas avant 3 semaines.
Je pensais alors à lui envoyer un petit mail... juste pour prendre des nouvelles et parler de théatre... mais elle ne lisait pas (souvent) ses mail... l'idée saugrenue et parfaitement Louisesque m'était alors venue à l'esprit de lui envoyer un texto pour la prévenir que je lui avais envoyé un mail... mais comment pouvais-je même avoir des idées aussi ridicules ? Allo !!! Mais qui est aux commandes de ce cerveau ???
Il n'y avait aucune urgence. Alors pourquoi un texto ? Et pourquoi même un mail finalement? Pourquoi pas une lettre ?
Une lettre ?! Oui, l'idée me plaisait bien, mais voilà... qu'en pensez-vous ? De nos jours, entre jeunes, la lettre n'est plus la règle. Elle est l'exception. Je pense pouvoir dire sans me tromper que, parmi les moins de 30 ans, ceux pour qui la lettre est restée la règle sont des exceptions. On écrit une lettre lorsqu'on est loin. Ou dans des circonstances exceptionnelles, pour dire des choses importantes. La lettre a pris, si je ne m'abuse, un caractère quelque peu "sacré", qu'elle n'avait sans doute pas dans le passé. Je parle des "vraies" lettres, pas des cartes postales (même si elles aussi commencent à se raréfier face à la rude et déloyale concurrence des MMS). En ce qui me concerne, si je reçois une lettre, je m'attends, en l'ouvrant, à lire quelque chose d'important, ou d'inhabituel... d'ailleurs, je prends mon temps pour l'ouvrir... la dernière en date officialisait ma rupture...
Bref, tout ça pour dire que si j'envoyais une lettre à Kiwi pour lui dire "Comment ça va ? Comment se passent tes cours à la fac ? Et quid de ta répétition avec Courgette ? (je lui donne un nom de légume car elle ne fait pas partie des elles officielles, bien qu'elle soit assez jolie)... je vais faire un truc sympa avec Alessandro, Ludovic et Amandine (ça fait presque amande donc je lui laisse son vrai prénom)..." ... n'allais-je pas passer, définitivement, pour un fou ?
D'un autre côté, on ne pouvait guère faire pire que le premier mail que je lui avais envoyé. Alors pourquoi pas ?
Si je l'écrivais avec suffisemment de finesse et de légèreté, peut-être était-ce une idée. De toute manière, sachant qu'elle était en couple depuis 4 ans, j'agissais sans pression. Disais-je.
Je vous tiendrai au courant.
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27.10.2008
Elles
Cette note sera sans accent car je tape depuis un qwerty. Je me relisais... entre un saut a la FNAC, rayon theatre, et un rendez-vous dans le 8eme arrondissement (de Lyon), pour "affaires". A la FNAC, j'avais trouve ce que je cherchais, une jolie scene a 1 fille et 3 garcons... dans Les Justes, de Camus... nous allions jouer des revolutionnaires communistes... plutot divertissant. Cet apres-midi, en revanche, il ne faudrait, a aucun moment, que je passe pour un revolutionnaire...
Je me relisais, donc :
"Alors, j'attendais qu'elle ressurgisse. Qui est-elle ? Je le sais, et cela suffit pour le moment. Une surprise inattendue. Une surprise dont je ne sais si elle me fera plaisir lorsque je l'ouvrirai, si la vie me donne l'occasion de l'ouvrir. Une surprise que j'ai déjà imaginée, il y a bien longtemps. Une surprise que j'ai toujours estimée inaccessible. Une surprise qui saura, je l'espère, me surprendre."
Je me trouvais ridicule. Et j'etais ridicule, depuis plusieurs mois (depuis toujours ? pour toujours?) dans ma facon d'aborder les femmes (ceux qui disent les filles ont deja une longueur d'avance sur moi, je crois...). Ou etait-ce la vie qui etait ridicule ? J'effrayais... tout cela parce que je parlais franchement ! Manque de tact, me disait-on... au diable le tact ! Il est le cousin de l'hypocrisie... vous aurez compris que je dis cela parce que j'en suis depourvu... la mauvaise foi n'est pas loin !
Je reflechissais trop... me disait-on aussi... vrai ! Mais parce que je suis timide !! Maladivement !!! Certes, je renvois tout le contraire... artifice vieux comme le monde. En attendant, j'intellectualisais faute d'agir... je m'inventais des histoires, auxquelles je voulais croire, mais sans y croire... car je me mefiais comme la peste de mon penchant "amour impossible"... je cherchais simplement a etre "normal"... je sais que ce mot ne veut rien dire... disons que j'essayais au moins de ne pas faire peur... de ne pas faire fuire... force etait de constater que je n'y parvenais guere...
Il y avait une nouvelle elle depuis vendredi... elles etaient 4 ou 5 desormais... mais j'etais toujours 1.
Cela devait-etre naturel... se faire "tout seul"... me disait-on encore... mais quand ???
Timidite et impatience sont de pietres compagnes pour un celibataire... !
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22.10.2008
Conséquences variables
L'impatience est une étincelle
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21.10.2008
Parisienne ?
Elle a été élevée dans le 11ème arrondissement. Par un père écrivain. Un autodidacte. Qui avait le temps de venir la chercher à l'école. Elle a donc grandi à Paris, sans nounou. Une mère prof de droit, qui écrit aussi. Elle dit avouer pouvoir être rangée dans la case bobo. Mais cela l'énerve. Elle dit penser avoir arrêté de mettre les gens dans des cases. Comme il était mignon de dire cela, à 21 ans. Elle se défend d'être une "parisienne" car elle a passé ses vacances à la campagne, dans le Périgord. - "Je n'allais pas au ski ! Je n'allais pas visiter des pyramides, moi !"... Ludovic et moi rions beaucoup... elle s'enfonce - naïvement - dans la case qu'elle cherche à fuire. Mais elle ne m'énerve pas. Malgré moi, alors que je sais que cela ne rime à rien, que le terrain est miné, que le jeu n'en vaut pas la chandelle... elle me fait craquer. Mais gentillement craquer. Le lundi.
J'aimerais tant écrire plus longuement, sur elle, sur L.m, sur A.m (qui n'était pas en grande forme ce soir)... sur les autres que je connais moins mais qui tous, étaient là.
Mais je dois être chez l'imprimeur à 9h. Avoir vérifié avant que les 434 pages de l'OIH (attendu comme le messie par certains de nos clients) sont bien en place sur leur clé USB. Puis "échanger" avec O.G (homme appartenant à une entreprise distincte de la mienne, un partenaire conflictuel), sur le marché des bureaux neufs (le pauvre trouve que le texte qu'il a écrit est plat, il appelle au secours)... avant d'écrire ma propre prose sur le sujet... triste prose, prisonnière d'un carcan mercantile, faussement objective... mais qu'est-ce que l'objectivité ? Nos médias sont à la dérive... la plupart en font trop ou pas assez... voire réussissent à faire les deux, mal.
Alors, j'attendais qu'elle ressurgisse. Qui est-elle ? Je le sais, et cela suffit pour le moment. Une surprise inattendue. Une surpise dont je ne sais si elle me fera plaisir lorsque je l'ouvrirai, si la vie me donne l'occasion de l'ouvrir. Une surprise que j'ai déjà imaginée, il y a bien longtemps. Une surprise que j'ai toujours estimée inaccessible. Une surprise qui saura, je l'espère, me surprendre.
00:57 Publié dans Très petits à moyens écrits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.10.2008
Belle phrase de grand père
La gentille carte que m'a envoyée mon grand-père maternel pour mon anniversaire se termine ainsi :
"Porte toi bien, garde un bon moral et fais de bonnes affaires."
J'adore... je me dis que quand j'aurai un coup de cafard, je me répèterai cette phrase, et ça ira mieux !
19:26 Publié dans Très petits à moyens écrits | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14.10.2008
En blanc
Demain, je mettrai mon costume blanc. Je ne voyais pas de client. Alors j'étais libre.
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Lundi soir
L'après théâtre...
Après le premier cours, personne ne s'était retrouvé pour boire un coup.
Après le second, nous étions deux, A.m et moi.
Après le troisième, nous étions 6. J.f n'était pas là.
Après le quatrième, nous étions une dizaine. J.f était là.
Elle avait donc un "copain". Je le savais depuis hier. Depuis 4 ans. Je le savais depuis ce soir.
En redescendant la rue de Ménilmontant, avec I.f (pas celle du boulot, celle du théâtre) et J.f, nous sommes passés devant la place de ... Ménilmontant. Je leur ai raconté - car je suis du genre à tout raconter assez facilement - que, d'après moi, c'était sur cette place, qu'un soir, M.f avait sans doute pris la décision de me quitter. Nous étions avec (je ne citerai personne) saouls, en train de jouer avec des plots de chantiers. Nous les mettions dans les arbres, sur les murets, sur les voitures. M.f était là. Seule au milieu d'énergumènes en quête de sensations hors quotidien. Elle s'ennuyait. Je n'avais pour elle aucune attention. Quelques semaines plus tard, je me cassais la jambe dans le même genre de circonstances. Quelques semaines plus tard, elle me quittait.
I.f et J.f semblaient ne pas me croire lorsque je leur disais que j'étais remis de cette rupture. 4 ans, 4 mois. Cela paraissait pourtant assez logique. Bien sur, j'avais cru un moment ne jamais me relever. Mais il fallait bien marcher !
Pendant ce temps là, A.m était dans une rue parallèle; ou plutôt perpendiculaire. Il cherchait à recroiser celle qu'il devait aimer ce soir.
Dimanche, à 21h, nous répéterions à nouveau la Mouette. Je serai à nouveau Trigorine. Elle serait à nouveau Nina.
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