26.01.2009

Loulou Green

Ce soir Cœur souhaite me parler,
Il se dit triste et agité,
Il me répète  pleurant, criant,
Si malade qu’il en est touchant :

J’ai vu la joie, je vis le spleen !
C’est elle ! C’est elle ! C’est Loulou Green !


Je lui demande qui est Loulou,
Qui le met sans dessus-dessous ?

Un beau jour où j’errais en peine,
Depuis des mois dans une plaine,
Je vis une fleur magnifique.
Je me penchai pour la cueillir…
Vis qu’elle me faisait un sourire…
Je me suis dit, c’est fantastique !
Sentis le parfum du plaisir…


Mais pourquoi pleures-tu donc ? Quel chanceux fais-tu là !
Dans mon indispensable et  fixe condition,
Je ne puis espérer vivre, jamais, cela !
Je ne suis bonne qu’à mettre tout en équation…

Sois bien heureuse ! Raison ! Car la suite est affreuse !
Lorsque je posai sur elle, doucement, ma main,
Voilà qu’elle me piqua ! Tout en restant charmeuse !
Endolori je bondis en arrière, soudain,
Et depuis je demeure, idiot, devant cette fleur,
N’osant point la cueillir, l’arrosant de mes pleurs.


La vie n’est pas faite pour pleurer.
Et encore moins pour se courber
Devant une fleur si mal lunée.
Reprend-donc ton chemin,  l’ami !
La plaine est vaste ! La flore aussi !
Fais des bouquets !  Décore ta vie !

J’ai bien essayé, sage esprit ! Mais quel fiasco !
Depuis que le j’ai vue, toutes les autres ont fané !
La plaine est pleine de cadavres végétaux,
Et je demeure ici, las, à la contempler.


Que lis-tu dans ses yeux ? Lis-tu ?
Ressembles-tu à une laitue ?
Ou à un chêne majestueux ?
Beau Cœur, fais-moi rêver, un peu !

Elle me dit que si je la cueille,
Je ne devrais l’abandonner,
Sur une pierre ou un tas de feuille,
Ni la laisser faner, dans un vase étriqué.
Elle est perdue, elle a peur, de quitter la terre…
Mais je crois qu’elle rêve secrètement,
De quelque chose de différent.
Je voulais juste la cueillir…
Je sentais monter le désir…

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