20.05.2009
Le masque de l'amour
Pourquoi ne m’embrasserait-elle pas ?
Pour quelques verres de moins,
J’aimerais sentir ses bras,
Autour de mes reins.
En attendant, sur cette plage,
Le vent est mon compagnon.
Lui n’a ni attente, ni âge,
Ni angoisse, ni ambition ;
Mais toujours une direction,
Changeante, volage,
Créatrice de tourbillons
Qu’empreintent les cerfs volants
Ou qu’engloutit l’Océan.
Le masque de l’amour
S’invite alors
Au bal de mes pensées.
Muant encore,
Sur un corps sans visage,
Il accourt
En prenant un air sage
Auquel mes yeux sont sourds.
Et voilà l’amitié,
Drôlement déguisée.
Je l’aborde intrigué.
« Ma chère amie, voyez,
Cet étrange courtisan,
Qui souvent va masqué,
Vous ressemble étrangement …»
« Cher humain, écoutez,
Le monde des sentiments
Est comme vous le savez,
Plein de subtilités… »
Déconcerté je guette, en vain, la vérité,
Cette âme vénérable, que l’on m’a tant vantée,
Mais jamais présentée, mais jamais présentée.
Puis revoilà le doute, redoutable hâbleur,
Petit être malingre, véhément, vil félon,
Inlassable lieur de veines conversations,
Qui sans cesse s’enquiert de mes affaires de cœur…
Je cherche du regard ma grande amie l’action,
Qui en maintes circonstances, m’est d’un précieux secours…
Face aux grands sentiments, mystérieusement, toujours,
Elle s’absente et me laisse, seul, aveugle, sans frisson.
Je veux abandonner,
Et envoyer au diable,
Toutes ces piètres pensées…
Elles ne sont que des fables !
Mais le masque à nouveau,
Est redevenu beau,
Est redevenu lui,
Inimitable vie.
Léger, il virevolte.
Derrière lui, des yeux.
Un duo en révolte.
Ils doivent être à elles deux !
L’un est sage, l’autre fou,
L’un lointain, l’autre là,
L’un piquant, l’autre doux,
L’un connu, l’autre pas.
Je ne sais,
Je ne sais,
Hôte fantasque,
Livre-toi !
Je ne sais,
Je ne sais,
Tombe le masque,
Embrasse-moi !
23:44 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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