05.04.2009
Akin Akingbala
A qui va là ?
Akin Akingbala,
Ah mais c’est qui celui là ?
Un basketteur inconnu
Pour les non érudits,
Un gars qu’on ne croise pas dans la rue
A moins d’habiter à Nancy,
Il n’en met pas plein la vue,
Sur lui, il y a peu de on dit…
A qui la balle ?
A Akin Akingbala.
Il prend des rebonds,
Et marque des points,
Il est plutôt bon,
A son niveau tout au moins…
N’a-t-il pas bossé assez dur,
Les pieds dans la peinture,
Ou a-t-il manqué de talent,
Pour n’être pas drafté en NBA ?
Devoir partir à l’aventure,
Changer de continent
Et de style de repas…?
A qu’est-ce qui ne va pas ?
Avec Akin Akingbala ?
Bah je me dis que ça va être dur
D’écrire toute une chanson
Sur ce gars là…
Allons !
Il a toujours bonne mine car il est black…
Je ne sais pas s’il a une copine…
Son nom ne rime pas avec N’Tamack…
Akin n’est pas Anakin,
Akingbala n’est pas Amin Dada,
Pourquoi je dis tout ça ?
Juste pour faire un peu plus long…
J’espère qu’il ne m’en voudra pas,
C’est que je le taquine…
A raconter n’importe quoi,
En utilisant son prénom et son nom,
Et en le privant de ballon !
Non ?
Akin Akingbala,
A que ne voilà pas,
Est habitué à ce que des fans scandent son nom
La je le balance dans un texte sans son…
Au rythme brouillon…
Devant un public peu acquis à sa cause
Qui m’écoute parce que je cause
Mais qui s’en fout d’Akin Akingbala,
Et qui se dit qu’est ce que ce con nous veut donc avec ce con là ?
Je ne voulais rien, mais ça m’a fait penser à Thomas,
Un vieil ami que je perds de vue
Alors qu’il habite à 500m de chez moi…
On aimait le basket, les pétards et traîner dans la rue…
Je me dis que la vie nous sépare…
Mais j’ai la berlue !
Il n’est jamais trop tard !
Merci à qui ?
A Akin Akingbala !
17:37 Publié dans Slam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.02.2009
Je bosse dur
Je bosse dur,
Alors que le monde professionnel ressemble à une vaste imposture…
Certains changent de poste comme de chaussures,
D’autres pipotent la conjoncture, hypothéquant le futur…
Nous on riposte à coup de factures, qui hélas ne défilent pas à toute allure…
Les temps sont durs… mais les ordures ne sont pas pris en filature,
C’est ordinaire, et ce depuis des millénaires,
Ce sont les petits qui trinquent, qui dépriment le coude sur le zinc,
Pendant que leurs patrons trinquent au champagne, préparant leur prochaine campagne
De communication pour justifier la réduction des effectifs…
Et oui les pauvres sont victimes des objectifs
Que leur imposent leurs actionnaires !
Qu’il faut à tout prix satisfaire !
Saloperie de système pervers, où les patrons ne sont plus maîtres en leur maison !
Tout ça a comme un air, de monde à l’envers…
Malgré la crise de grandes banques annoncent des bénéfices,
Mais en est-on si sûr ? Et s’ils étaient factices ?
Certains fonds se fissurent, n’est-ce pas Natixis ?
Et au fond, qui sait vraiment comment on mesure ?
J’entends dire qu’on va dans le mur…
Mais rares sont ceux qui ont pris la mesure de l’ampleur de l’usure
De la notion de progrès, qui pourtant guide les raisonnements de tous nos gouvernants…
Barack Obama annonce la construction de routes et de ponts…
A la bonne heure ! J’aurais du faire ingénieur !
Partir bosser au States pour émarger en Dollars,
Prendre la grosse tête et puis un peu de lard,
Enchaîner les emplettes, y compris d’œuvres d’art,
Brasser des pépettes, ne jamais broyer du noir…
Mais je dois être trop honnête, ou trop esthète, ou trop ignare…
Et j’ai du mal à voir la vie en rose ;
J’avoue parfois je pose, seul, devant mon miroir,
En récitant des proses dont je fais toute une histoire.
Tantôt nu, en sortant de la douche,
Tantôt saoul, quand j’ai bu à la louche,
Ou encore en costume, car une fois peut être coutume…
Mais toujours tard. Car le matin, j’en chie,
Je navigue en sous marin dans les eaux troubles de la vie.
Si nécessaire, j’assure, mais d’ordinaire, j’endure…
Mon esprit est une fleur, qui s’ouvre tous les soirs,
J’avoue parfois il a peur, et pire, perd espoir.
Alors je me sens triste.
Il faut avoir la foi pour essayer d’être centriste.
Viser sans cesse le juste milieu, cet équilibre capricieux,
Sans tomber dans le piège à con de la consternante indécision…
Alors j’abdique.
Et constate que je néglige mon bonheur physique.
Je ne parle pas du fric, mais du fait de fricoter,
De ce côté-là, je ne sais pas pourquoi, depuis qu’elle m’a quitté
Je suis sous côté… pourtant je ne pense pas fauter…
J’ai dû rater une vérité… je n’ai pas trouvé la clé
Qui donne accès à tous les clitoris.
Par peur que l’excès de sexe ne nuise au romantisme,
Je me retrouve au régime sec, comme un guerrier… du pacifisme.
Je me dis au passage qu’il serait temps que j’arrête de fumer des pétards,
Ca fait un moment que j’y prétends, que je m’y apprête, que je m’y prépare…
Mais ça ne sera pas pour ce soir.
Passons et sans transition finissons-en :
Dans le grenelle de l’environnement,
Il y a le grenelle du bâtiment.
Les murs ont des oreilles
Mais les oreilles ne sont pas mûres
A entendre le discours de la réelle rupture.
17:24 Publié dans Slam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.01.2009
Bout d'inédit
[Oslo, nov. 2005]
A.S: Faute d'éditer, j'inédite
Bref mon âme de compositeur a des haut-le-cœur,
Mais l’apprenti auteur n’est pas encore à la hauteur !
Mon stylo est un sprinter, pas moyen d’en faire un fondeur…
Pourtant j’aimerais tant écrire des livres et délivrer du bonheur,
Faire le tour du monde de la pensée en solitaire à 100 à l’heure !
Etre revisité dans cent ans par des écoliers et leur satané professeur,
Laisser ne serait-ce qu’un petit grain de sable dans le grand océan des penseurs…
Plutôt que d’augmenter les parts de marché de petits-beurre,
De détergent, de dentifrice, de PQ ou de Lerdammer !
Que les gens vivent la crasse, perdent leurs dents, s’essuient avec les mains
Et mangent des fleurs !
Ca ne coûtera rien, ils mourront vite et la sécu se fera un bonheur
De leur payer une tombe en or pour donner à leur mort une valeur
Que leur vie n’a que rarement eu !
00:04 Publié dans Slam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.01.2009
Inédit
[Oslo, oct. 2005]
I’m not very hungry (x2)
I’m not very thirsty (x2)
‘don’t want to have party (x2)
I just don’t want anything
I’m looking for something (x2)
But don’t even know what (x2)
It may not be a hat (x2)
I’m coming back to my flat
Lucky I’ve got my key (x2)
I can open the door (x2)
So lucky there are stairs (x2)
I can go to the first floor
Outside it is night (x2)
In my room there is light (x2)
‘don’t feel tired at all (x2)
But neither have any goal
‘would like to be funny (x2)
To play in a cartoon (x2)
To make you laugh, honey (x2)
To put the moon on a spoon
Am I a crazy boy? (x2)
Is my life a big shit? (x2)
My spirit is a toy (x2)
Because I’m playing with it
Now I will stop singing (x2)
‘cause I feel I’m boring (x2)
‘wish was a butterfly (x2)
But one which will… never die.
23:52 Publié dans Slam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.09.2008
YA
Las, de partir à la conquête de contrées qui n’existaient pas,
Bien qu’elles lui aient été comptées,
Le roi YA décida qu’il s’arrêterait là.
Longtemps personne ne sut comment nommer
Ce roi sans ascendant tombé naguère du firmament,
Et qui prit le pouvoir aisément, avec un simple serment :
« Par la guerre et le mouvement, je vous rendrai aimants ».
Un jour ses courtisans se lancèrent dans un concours dément,
L’inondant de propositions de noms aussi immondes que déprimants.
Il y coupa court, sans discours, en criant YA ! Cela resta…
Car son cri résonna puis il donna l’ordre à ses soldats
De se remettre fissa en formation de combat.
Les rangs se reformèrent,
L’armée reprit la marche,
Et fit trembler les airs
Elle acclamant son patriarche.
YA YA YA ! Dit souvent « Pas trop, de pas ou de trot »
Il préfère le galop et sa galaxie est là haut !
Y A YA YA ! N’est pas comme vous et moi, il traverse la vie sans émoi,
Comme un Apache l’Arizona, une tâche de la soie ou un hache… le bois !
YA n’aima ce chant,
Provoqua une halte sur le champ
Et convoqua sous ses sergents :
Alors comme ça je ne suis jamais en émoi ?
Prouvez- le moi ! Et quel rapport avec l’Arizona, la soie, le bois… vous savez quoi ?
J’en ai marre
De vous faire cavaler darre-darre
Sur des chevaux qui me coûtent cher
Avec cos casques de fer
Et vos jaquettes en lin
Vous ne ressemblez à rien ! Même vus de loin…
A la conquête d’un farwest imaginaire !
Sur la foi de paroles en l’air de mages qui un jour dire que l’air
Etait sans doute meilleur ailleurs !
Alors certes nous cavalons, mais n’allons nous pas à reculons ?
Nous ne dessinons aucun plan, ne construisons pas de maisons,
Ne parlons pas avec les gens, n’avons pas d’imagination…
Nous vivons dans l’illusion de l’invasion,
Et nous gargarisons de prisons que nous remplissons
De tyrans, avant de repartir en guerre, contre la misère…
Mais partout ou nous passons, c’est la même chanson :
Je prends le pouvoir car j’ai un don, les gens m’acclament car ils sont cons,
Puis nous constituons des gouvernements populaires,
Dont nous savons qu’ils exploseront à la première occasion !
Arrêtons de faire les autruches,
C’est cruche, changeons !
En attendant je vais dormir, faites savoir ce que je viens de dire.
YA se retira, ne pria pas,
S’assoupit sur sa paillasse mais une clameur le réveilla.
YA YA YA ! Semble en avoir assez de traverser le monde entier,
C’est pourtant bien à cela qu’il nous avait initiés ?!
Y A YA YA ! Etait fou d’ire ! Il est parti dormir,
Dormons car demain notre sire aura sans doute des choses à dire.
Ya reprit au petit matin, en grand tribun,
Sa voix portait au loin et pénétrait chacun.
Il dépeignit l’amour, la haine, la joie et le chagrin.
Tout vêtu de satin et buvant une tisane au thym,
Il tint un discours impie mais si rapide et limpide
Que ses prêtres avides et hautains, atteints du syndrome du baratin,
En perdirent leur latin.
L’histoire n’a pas de fin car YA en interdit l’écriture
Et ceux qui la vécurent, moururent béats et muets,
Laissant la terre aux malchanceux, qui n’avaient pas connu la paix.
13:38 Publié dans Slam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.02.2008
A quoi bon
A quoi bon faire de la politique, je prône une éthique sans étiquette
Qui, hélas, ne colle pas, avec les esprits étriqués que je combats,
Mais qui occupent l’espace et dominent la place
Car ils possèdent tous les as…
Il me manque des repères, une double paire de couilles et j’ai l’algèbre lent,
Mais j’ai de la suite dans les idées, j’en ai une foule à proposer,
Je rêve d’un monde haut en couleurs tout en restant carré…
Mais suis-je à la hauteur ?
Parfois la vie me fout la trouille car je ne sens plus son odeur
Alors je m'arsouille à la recherche d'une hypothétique splendeur,
Mais cette fouille folle et veine aboutit toujours à une pleine torpeur !
J'ai peur de la vie, ai-je tort? Est-ce pire que d'avoir peur de la mort ?
Je ne me réveille jamais à l'heure,
Mes rêves sont des leurres que j'adore,
Dès lors que je m'endors
J'atteins le bonheur sans effort...
Je suis sous perf de Morphée ...
Y'a pas plus fort ni plus tripé...
Mais quelle douleur au réveil !
Putain de soleil !
Pourtant que l'aurore est douce,
J'aimerais qu'elle me donne un coup de pouce,
Pour épouser les matinées, ma destinée, ma dulcinée ...
Raté ! Voilà 7 jours qu’elle m’a quitté,
Mon premier amour est décédé,
Il avait 4 ans et des poussières …
Je ne savais plus quoi en faire…
Je l’ai lâchement laissé mourir,
Mais sans oser en finir,
Elle a eu ce courage, je lui rends cet hommage,
Elle mérite des étoiles, derrière ses nuages.
Les dernières braises dans les cendres de nos cœurs se sont éteintes,
Des flammes défuntes le temps fera de la terre glaise,
Qui modelée tendrement ou brutalement, redeviendra brûlante,
Incandescente… porteuse d’étreintes étourdissantes !
Je ne sais que conclure,
Je m’en remets au futur.
13:28 Publié dans Slam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.09.2007
Con commun
J’aimerais être un pourfendeur de bien-pensance,
Un destructeur de bonne conscience,
Un sapeur de concupiscence,
Un dénonceur d’envie de puissance !
Mais je suis moi même pris au piège
Dans un prision de liège te de satin
Assiégé par mes privilèges, ça craint.
Mes citriques virent au sacrilège
Je suis un virtuose de l’engagement à la légère…
Refaire le monde n’est pas l’affaire d’une discussion de fin de soirée
Beurré… boire, c’est s’égarer, n’est-ce pas Edgard ?
Pas de pot pour les picolos.
Comme s’est se leurrer de croire
Qu’être écœuré par la médiocrité est un critère d’intégrité
Ou encore une stupidité de penser qu’ôter des mots connotés
De notre vocabulaire rend la vie meilleure sur terre…
Un senior, à mobilité réduite mal voyant et mal entendant
Reste un vieil handicapé aveugle et sourd qu’on le veuille ou non !
Le mot nègre effraie…
Mais n’est-il pas vrai, que jusqu’ici l’homme blanc se fraie
Un luxueux chemin dans la jungle de l’être humain,
Aux frais de ses frères africains ou latino américains ?
J’aimerais pouvoir dire que l’homme est sain,
Que le mot « saint » n’est pas vain,
Que les assassins sont gentils,
Que les seins des filles gros ou petits
N’aiguisent aucun appétit…
Ou encore que ces deux jeunes de Seine-Saint-Denis,
Noirs, qui fumaient des pétards un lundi soir dans le RER,
Couverts d’habits de marque, montés sur des Nike Air
Et qui parlaient fort pour qu’on les remarque,
Sont aussi bien intégrés, à notre société
Que Charles Henri qui fait sa prépa à Saint Louis,
Aime lire Salman Rushdie au lit
Et manger des sushis le Samedi
Quand il ne piquenique au parc Montsouris.
Le black-black-beurre est rance, a un arrière goût de souffrance, de déchéance et de violence.
L’équipe de France de coupe du monde n’est pas Monsieur Tout le Monde,
Celui qu’on sonde, celui qui gronde, se forge une opinion par les ondes
A des milliers de kilomètres à la ronde, en quelques secondes…
A quand une fronde, aussi fondée que profonde,
Avant que nos esprits ne fondent… ?
Le monde devient si complexe que ça me donne des complexes ;
Ma complaisance envers le système établi me blesse
Mais mon aisance, même quand j’écris des vers est ma maitresse,
Je n’assume pas ma richesse, je n’en veux pas pour déesse
Mais ne veux par pour autant qu’elle m’abandonne complètement…
Je suis encore un enfant.
13:36 Publié dans Slam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.07.2007
Penseur de Coeur
En modeste parolier que je suis, je me fais du souci car je me demande si
Je dois poursuivre sur la voie que je suis,
Ou changer de cap, sans retourner ma cape, mais en suis-je capable ?
Etre affable ne fait pas tout, c’est comme être à table,
Si il n’y a pas de plats autant rester debout !
Il faut savoir structurer sa pensée pour la guider là où on sent qu’elle veut aller,
Puis l’expulser… car c’est cela s’exprimer, c’est cela exister, c’est cela vivre !
Parfois j’en ai assez d’être ivre, bah oui, mais j’aime ça et on ne se refait pas…
J’ai bien essayé de me transformer en essayiste, en romancier,
En pamphlétiste, en fin limier de la plume sur la durée…
Mais je n’enfante que des embryons, rarement brillants, toujours brouillons,
Que j’abandonne lâchement, à leur triste sort,
D’œuvres inachevées, vouées à la mort…
A croire que je suis un indécrottable sprinter de la composition
Pas plus coureur de fond que je ne suis coureur de jupons,
Je crois que là où je suis bon c’est quand j’écris des chansons,
Même si elles sont sans son elles font parfois sensation,
Sanson tirait sa force de ses cheveux, je fais l’aveu que les miens sont courts,
Mais je ne suis pas à court d’inspiration pour autant,
Mon verbe vole dans la cour d’Eole
En une farandole de mots qui caracolent
En tête du peloton de mes idées folles,
Je raffole, du moment où ça décolle,
Mais ça l’affole, car je ne suis plus à l’école…
Je suis à l’heure, où je dois construire ma vie,
Rêver d’un futur meilleur est un leurre,
Je veux que demain, rime avec aujourd’hui,
Je n’ai que deux mains, mais mon esprit est infini,
Je compte sur lui pour m’emmener vers le bonheur loin de l’ennui,
Je veux bannir le mot banal du genre humain, le mot petit, le mot mesquin,
A Miami, Paris, Pékin !
Limer les dents de quelques requins, en leur faisant lire quelques bouquins,
Veillons chacun à ce que le destin des coquins soit une coquille vide,
A ce qu’aucun vilain malin mal intentionné ou avide,
Ne puisse escompter esquinter la quintessence de l’âme humaine !
Voilà, c’est là ou amène pour le moment mes réflexions de jeune innocent.
Je sens et sais que c’est et que ce sera difficile,
Qu’il faudra que je sois habile,
Et qu’une vie n’y suffira pas…
Mais si je peux faire au moins un pas,
Dans la marche des penseurs qui se sont servi de leur cœur,
Alors j’avoue, je serai fier, et que je pourrai me taire…
En attendant pour que j’abandonne, il faudra que je devienne aphone.
13:32 Publié dans Slam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.01.2007
Le chat culotté
Je vais vous raconter l’histoire d’un chat qui part en chasse
A la recherche de ses racines sauvages
Car il trouvait dommage d’être devenu aussi sage.
Dans cette maison où on faisait le ménage,
Où on connaissait son âge,
Où on le mettait dans les bagages avant de partir en voyage,
Il avait l’impression de vivre en cage….
Il avait des envies de saccage, de carnage
De grandeur, de splendeur, de crier à bon entendeur
Qu’il n’avait pas peur !
Il était blasé de l’oisiveté dans laquelle il avait sombré
Profitant de la charité d’une société civilisée.
Il en avait assez de se laisser caresser
En échange de croquettes sans saveur
Devenues un mass-market porteur.
Il voulait laisser une trace
Dans l’histoire féline et câline de sa race,
Il rêvait de se battre comme un thrace, avec une cuirasse…
« Hardiesse, finesse, vitesse » serait sa nouvelle devise,
C’était décidé, demain, il quittait Venise.
Il partit dans la nature à la recherche d’aventures,
Aiguisait ses griffes contre les troncs d’arbres,
Etait alors persuadé d’être armé de 18 sabres,
Menait des luttes imaginaires,
Contre des rats et des vipères,
Se voyait devenir roi d’une tribu de chats sauvages,
Etre porté en triomphe avec les plus grands hommages.
Mais au bout d’un moment, il avait faim
L’entraînement devait prendre fin,
Il se dit que l’assaut serait pour le lendemain,
Et qu’un petit souriceau lui irait très bien.
Mais sa nuit fut peuplée de terribles cauchemars,
Il se noyait dans une marre, était la risée des canards,
S’empêtrait dans les nénuphars et perdait son pelage noir…
Puis il chassait en vain une fourmi qui se moquait de lui,
Car il était un chat des villes et qu’il était débile…
Son corps se liquéfiait, les moineaux le terrifiaient.
Affamé il fini par avaler une feuille de houx
Qui lui perça l’estomac et lui donna une quinte de toux !
Il se réveilla en sursaut, tomba de son sureau
Et de son piédestal… la chute était brutale :
Il était seul, sale, avait la dalle et ne valait que dalle !
Désespéré il se mit à errer et chercha se suicider
Il se jeta d’une falaise mais retomba sur ses pattes
Pesta de ne pas être cul-de-jatte avant de faire un malaise…
Mais le break, fut de courte durée
Des coups secs de becs, le tirèrent des bras de Morphée,
Il entrouvrit les paupières et constata terrifié,
Que tout autour des vautours voyaient en lui leur plat du jour !
Faute de pouvoir prendre la tangente, il prôna l’attente,
Mais la douleur d’abord latente devint vite violente,
Il comprit aux dépends de quelques pans de peau,
Que seul un comportement un tantinet plus battant,
Lui éviterait d’être éventrer, de finir en lambeaux,
Les tripes éventées et d’avoir comme tombeau,
Pour partie des estomacs qui ne devaient pas être beaux,
Et pour l’autre un bout de plage abandonné de sable chaud.
Il ressentit alors enfin,
Ce qu’il avait toujours en vain,
Cherché à sonder en son sein,
Ce petit rien qui s’appelle l’instinct !
D’un coup de rein, il se remit debout,
Faisant s’envoler la plupart des charognards d’un coup.
Les plus affamés, restèrent cependant à terre,
Et le défièrent à coup de grimaces et de cris de guerre.
Mais il lança dans un mouvement aussi rapide que puissant,
Sa patte avant-droite dans les yeux du rapace le plus véhément,
Dont le hurlement accompagna, le jaillissement de sang,
Puis profita de son élan pour décocher presque en volant,
Un coup magistralement mortel au triste fuyard le plus lent.
Il était fier d’avoir remporté sa première bataille,
Et se sentait maintenant porté par une confiance sans faille.
Il pensa en langue de chat, « J’ai bien de croire en moi,
Il n’y a que l’audace qui vaille, à moi les bonnes victuailles,
La volaille aura bien meilleur goût avec ses entrailles !
Fini le chat qui baille, je me mets au travail,
Je sais que j’en prends pour un bail, mais ça me plaît, bye bye »
13:56 Publié dans Slam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.10.2006
La veuve et le bossu
Lassé de travailler à aider Bouygues à amasser
De la richesse par des marchés ;
A user ma matière grise
Pour démarcher des entreprises
Dans un monde où les liasses
Ont remplacé la liesse,
Les crasses la gentillesse
Et les mains basses les mains aux fesses,
J’ai décidé de monter mon propre business.
Un cabinet de conseil en relations humaines,
Je suis dénicheur d’aubaines, anti-suicides dans la Seine,
Spécialisé sur le créneau des gens qui n’ont pas de veine
Mais ce p’tit grain folie qui donne du piment à la vie.
Je fonctionne sur rendez-vous uniquement
Et sélectionne mes patients
Avec minutie car ici
Ce n’est pas une pharmacie.
Mais hier j’ai vécu une petite déconvenue
Car un homme est venu sans m’avoir prévenu !
Comme il était bossu je l’ai tout de même reçu.
Il m’a dit être saoulé d’être ivre et cocu,
D’avoir troqué ses livres contre des films de cul,
D’être couillu, velu, poilu, d’accumuler les déconvenues
Alors qu’il se trouvait joli, poli et plutôt bon au lit.
Il s’était résolu, sa volonté était absolue,
A ne plus jeter son dévolu que sur des causes perdues.
« Si elles sont perdues, ça va être dur d’en trouver »
Lui ai-je dit pour plaisanter mais il n’a pas apprécié,
Au contraire il était vexé, froissé, embarrassé…
Alors je l’ai embrassé dans un élan d’humanité
Puis ai commencé à feuilleter ma pyramide de dossiers,
En sélectionnai un et me suis mis à lui parler.
« Que diriez-vous d’une veuve, pas neuve,
Dont les yeux sont des fleuves et les rides la preuve
Que sa tristesse n’a eu d’égal que son stress conjugal ?
Son mari est mort d’un accident de safari,
Mangé par des fauves,
Il était petit, rabougri, il était même chauve,
Avait peur des souris, n’avait pas de répartie…
Et il était pauvre !
Pourtant, elle ne l’a jamais trompé,
Ce n’est pas faute d’avoir essayé,
Mais à chaque fois qu’elle était sur le point d’y arriver,
Elle se remettait à penser à ce petit être raté,
A ce soufflet ratatiné…
Se mettait à pleurer et retournait le câliner…
Comme un bébé
Car je n’avais pas précisé qu’il était émasculé
Depuis le coup de pied mal placé du caïd mal élevé
Qui le martyrisait en CP …
Elle avait économisé pour lui payer ce voyage,
Car depuis son plus jeune âge,
Il rêvait de voir en vrai ce qu’il regardait
Par le bais télévisé de ses émissions préférées :
Les incontournables documentaires animaliers.
Son animal préféré était le guépard
Car il courait vite et coursait les gazelles…
Elle se souvient encore que le jour de son départ
Il avait dit qu’à son retour il lui serait poussé des ailes.
Mon patient s’est alors subitement mis à sangloter,
Ses larmes étaient teintées d’une indescriptible bonté,
Il était prêt à n’importe quoi pour pouvoir la rencontrer.
Elle - a craqué, sur sa virilité empreinte de sensibilité,
Elle a compris que sous les courbes de son drôle de corps meurtri
Se cachait une réelle et magnifique droiture d’esprit.
Lui - a vu resplendir sous cette peau tannée par les années
Un tas de rêves inachevés, un manque de sexe à en crever
Et une beauté bottée en touche mais selon lui inégalée.
Ils se sont mariés, se sont aimés… et…
La veuve névrosée laissa la place à un veuf comblé.
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